Rendez-vous au Service Écoles-Médias (SEM) pour améliorer le déploiement d’Ubuntu Linux dans les écoles

Après mon passage à l’hôtel des finances pour discuter des améliorations possibles du logiciel de taxation GeTax sous Linux, j’ai eu rendez-vous avec un des responsables du Service Écoles-Médias (SEM) afin de discuter des problème soulevés dans un précédent article en relation avec le déploiement de postes de travail sous Ubuntu dans les écoles primaires du canton de Genève. Je remercie Monsieur Corsini pour cette invitation.

En ce qui concerne les points soulevés, en voici un résumé :

Il n’est pas possible d’écrire des caractères accentués, le son ne fonctionne pas, etc.

Suite à mon intervention et à leur expérience (pour certains des points soulevés), l’équipe technique est maintenant consciente de ces problèmes et les résoudra au fur et à mesure qu’ils visiterons les écoles concernées. Bien entendu, les enseignants qui se plaindront de ces problèmes verront leur ordinateur traité en priorité.

Il existerai pratiquement autant d’installations différentes que de postes de travail

Contrairement à ce qui m’avait été indiqué, M. Corsini indique qu’ils utilisent une image commune pour déployer leurs installation (ce qui est quand même rassurant…).

Encouragements à l’utilisation de la solution libre, ordre du bootloader

Nous avons également discuté de l’encouragement à l’utilisation de Linux en modifiant la priorité des entrées du gestionnaire de démarrage installé sur ces PCs. Pour ce point, M. Corsini n’exclue pas le fait que, plutôt que de changer cet ordre, ils décident de se passer complètement de Windows à moyen terme.

Vista -> XP (licences et remboursements)

En ce qui concerne la question de savoir si la licence de Vista qui est collée sur chacune de leurs machines et qui n’est pas utilisée leur a été remboursée, il apparaît qu’un accord a été conclu avec les fournisseurs de l’État : pour chaque licence de Windows Vista non utilisée, une copie de Windows XP peut être déployée « gratuitement » à la place.

La communication avec le public est mauvaise

J’ai finalement fait part de ma déception quant à la qualité et la fréquence des échanges par e-mail que nous avions eu précédemment (en effet, un certain nombre de mes e-mail sont restés lettres mortes). Il a aussi été question de la possibilité de distribuer les images des installations de Linux sur leur site afin de permettre à la communauté de les tester et de leur faire part des éventuelles possibilité d’amélioration. L’avenir nous dira si le SEM fera désormais preuve de plus de transparence et profitera de l’opportunité que lui offre la communauté des utilisateurs et développeurs de logiciels libres.

Conclusion

Ce fut une réunion intéressante et il semblerait que le SEM ait la volonté nécessaire à l’amélioration du déploiement actuel d’Ubuntu dans les écoles primaires (reste à savoir de quelle façon et dans quels délais).

Vu les ressources limitées à disposition (trois techniciens pour l’ensemble des écoles du canton), la première chose à faire serait, me semble-t-il, de mettre en place un VPN afin que ces techniciens puissent plus facilement intervenir et corriger les problèmes de l’installation actuelle à distance, sans devoir se déplacer dans chaque école du canton. Ceci d’autant plus que Linux se prête beaucoup plus à ce genre d’interventions à distance (sans devoir déranger l’utilisateur final) que Windows.

Rendez-vous à l’hôtel des finances pour améliorer GeTax sous Linux

Après des années de tentatives pour faire corriger les problèmes de GeTax sous Linux et mon dernier article sur le sujet j’ai donc été invité à venir discuter de la question à l’hôtel des finances avec le responsable genevois du projet et un de ses collègues. Je remercie Messieurs Mercier et Richard pour cette invitation et leur accueil.

En ce qui concerne les points soulevés, en voici un résumé :

Le programme d’installation n’est pas exécutable

Problème

Cela signifie qu’il est nécessaire que l’utilisateur modifie les droits d’exécution du fichier .bin qu’il télécharge ou qui se trouve sur le CD, puis l’exécute depuis un terminal où à l’aide de la boîte de dialogue d’exécution de commandes. Inutile de dire que peu de gens savent comment effectuer ces opérations surtout qu’aucun fichier readme n’est présent sur le CD pour Linux.

Solutions retenues

M. Mercier va mettre à jour le site Web de GeTax afin de donner des instructions détaillées pour l’installation de la version Linux. Un lien vers mon précédent article sera également fourni.

Quant à moi j’ai passé une partie de la nuit à étudier la faisabilité de créer des paquets d’installation natifs pour les distributions Linux les plus répandues. Bien que ce soit ma première expérience en la matière, j’ai le plaisir d’annoncer que j’ai déjà une version fonctionnelle d’un paquet .deb et .rpm (testés avec succès sur Ubuntu 8.10, 9.4 et les live CDs de Fedora 10 et 11 alors que la version .bin ne fonctionne pas du tout avec cette distribution). J’espère que ce travail pourra servir à la distribution future de GeTax et également des versions des autres cantons.

Le programme d’installation ne crée pas de lanceur dans le menu des applications, ni sur le bureau et n’utilise pas le format .desktop

Problème

Le programme d’installation (InstallAnywhere) ne propose à l’utilisateur de créer un raccourci que dans des endroits qu’il est peu susceptible de trouver (son dossier personnel). De plus, le raccourci créé n’en est pas un, il s’agit simplement d’un script exécutable (donc pas d’icône et une boîte de dialogue qui demande à l’utilisateur lambda s’il préfère lancer ce script dans un terminal, l’afficher, annuler ou le lancer (sic!)).

Solutions retenues

M. Mercier ayant déjà fait ce genre de demande à la société responsable du développement de ce logiciel, il apparaît peu probable que l’installateur soit amélioré dans un délai raisonnable.

Néanmoins, mes paquets natifs créent déjà un vrai raccourci dans le menu des applications, l’utilisation des paquets natifs permettrait donc de corriger ces problèmes.

GeTax dispose maintenant d'un vrai lanceur
GeTax dispose maintenant d'un vrai lanceur

Le format PDF est un standard, Adobe Reader n’est pas la seule application permettant de lire un fichier PDF

Problème

Une fois l’installation terminée, l’utilisateur doit encore indiquer à GeTax le chemin d’accès à l’exécutable d’Adobe Reader. Il y a deux problèmes ici. Premièrement toutes les distributions grand public actuelles de Linux disposent dès l’installation d’un lecteur PDF de qualité et il conviendrait simplement à GeTax d’utiliser le programme associé avec ce type de fichiers et, ensuite, Adobe Reader ne devrait pas être mentionné car il ne s’agit de loin pas de la seule application permettant d’exploiter ce format de fichier standard. Cela fait croire aux utilisateurs qu’ils doivent installer Adobe Reader sur leur ordinateur (ce programme étant propriétaire, cela n’est pas forcément simple sur toutes les distributions Linux) alors qu’ils disposent déjà de tout ce qui est nécessaire (il est également à noter qu’Adobe est connu pour mettre beaucoup de temps à corriger les nombreuses failles de sécurité qui touchent son lecteur PDF et il serait judicieux de ne pas exposer inutilement les utilisateurs de GeTax à ses menaces).

Solutions retenues

J’ai remplacé toutes les occurrences de Adobe/Acrobat Reader par visionneur de documents PDF dans les paquets que j’ai créés. J’ai également fait en sorte que, par défaut, le visionneur de documents par défaut de l’utilisateur soit automatiquement utilisé par GeTax (à l’aide de xdg-open).

Je tiens les patches nécessaires à la disposition de l’équipe de GeTax (il faudra encore faire la version en allemand et demander à ce que ces fichiers soient corrigés dans toutes les versions pour les autres systèmes d’exploitation).

L’aide en ligne de GeTax ne fonctionne pas sur les distributions 64 bits

Problème

Bien que tous les ordinateurs de bureau vendus actuellement soient équipés de processeurs 64 bits, une part marginale de leurs utilisateurs utilisent un système d’exploitation 64 bits. Sous Linux, où la plupart des logiciels sont disponibles en 32 et 64 bits, ceci est essentiellement dû au fait que certains logiciels propriétaires (comme GeTax) n’existent pas ou ne fonctionnent pas correctement pour cette architecture. Dans le cas qui nous occupe, puisque GeTax fournit sa propre machine virtuelle Java 32 bits, tout ce qui manque pour que les utilisateurs de GeTax disposent d’un logiciel pleinement fonctionnel est de faire fonctionner l’aide en ligne. Cette fonctionnalité utilise une composant lié au projet Mozilla Firefox qui s’appelle xulrunner.

Solutions retenues

La solution la plus simple pour corriger ce problème (l’autre solution serait de faire en sorte que GeTax soit capable d’utiliser directement la machine virtuelle Java et les autres composant 64 bits du système, mais cela est plus compliqué) est à mon avis de distribuer la version 32 bits de xulrunner avec GeTax et de ne plus dépendre de la présence de ce composant sur l’ordinateur cible (de la même manière que GeTax est maintenant distribué avec sa propre machine virtuelle Java).

J’ai donc implémenté cette solution dans mes paquets natifs et cela fonctionne parfaitement sans intervention de l’utilisateur sur toutes les versions d’Ubuntu testées (32 et 64 bits).

La communication e-mail avec l’équipe de département des finances en général et avec l’équipe GeTax en particulier n’est pas efficace

Problème

Pour finir, nous avons discuté d’un problème un peu orthogonal aux autres soulevés auparavant, mais qui a tout de même son importance. En effet, j’ai souvent essayé de communiquer avec le département des finances et l’équipe GeTax par e-mail et j’ai malheureusement dû constater que leur infrastructure de traitement des e-mails n’était pas du tout adaptée à l’importance de ces services.

Les e-mails envoyés à ses services (GeTax un peu moins ces derniers temps) sont souvent perdus, ne semblaient bénéficier d’aucun suivi et il est pratiquement impossible de tomber directement sur la personne avec qui on a précédemment communiqué (ni de savoir à qui on s’adresse puisque les messages sont rarement signés). L’acheminement des e-mails arrivés sur une des adresses principale semble se faire manuellement et lorsqu’on a la chance d’avoir une réponse l’adresse de l’expéditeur est de temps en temps postfixée d’un -noreply ; ce qui pause de nombreux problèmes : Comment les contribuables qui ne comprennent pas l’anglais où qui ne connaissent pas la signification de ce -noreply sont-ils sensés savoir qu’il est inutile de répondre au message reçu car il ne sera pas traité ?  Et pourquoi serait-il impossible de répondre à la personne qui nous a écrit en premier lieu ? Devant récemment faire parvenir des documents à l’administration fiscale, j’ai dû aller jusqu’à leur envoyer un fax pour leur signaler que je n’avais reçu aucun accusé de réception, ni aucune réponse à mes trois derniers e-mails. On m’a finalement indiqué par téléphone qu’il fallait envoyer ces informations par la poste parce que l’envoi de pièce jointe risquait de dépasser la capacité de leur boîte aux lettres et qu’ils ne pouvaient par exemple pas recevoir des fichier « .ppt » (le dossier en question était un fichier PDF de moins d’un Mo et non une série de photo de chatons distribués dans une présentation Powerpoint).

Il existe pourtant des systèmes libres de ticketing comme l’excellent RT que j’utilise tous les jours. Celui-ci permet d’envoyer automatiquement un accusé de réception avec un numéro de ticket (numéro de référence) à la personne qui écrit l’e-mail. Les messages sont ensuite attribués à des services (queues) et/ou des personnes (responsables) et les futures messages liés à un cas donné sont correctement acheminés vers le service ou la personne compétente ce qui garanti une meilleure confidentialité des échanges et surtout un suivi correct (une fois le cas traité, il est marqué comme tel et les différentes parties sont informées).

Solutions retenues

M. Mercier m’a indiqué que la hotline de GeTax bénéficierai bientôt d’un vrai système de ticketing. Quant à l’administration fiscale, il est prévu que les contribuables puissent à l’avenir (d’ici la fin de l’année normalement) s’identifier et communiquer de façon sécurisée avec les fonctionnaires de l’administration.

M. Mercier ajoute également que d’une part l’adresse e-mail utilisée par l’administration fiscale n’était pas destinée à la transmission de messages « personnels » (par exemple des messages portant sur le contenu d’une déclaration d’impôts), mais uniquement pour des demandes générales. Un problème technique chez eux à également conduit de nombreux messages pendant une période de plusieurs mois dans « un trou noir » (sic), ce qui explique pourquoi certaines questions sont restées sans réponse.

Finalement, en ce qui concerne le -noreply, M. Mercier va voir ce qu’il est possible de faire pour qu’il soit indiqué dans les messages de l’administration qu’il n’est pas possible de répondre à leurs e-mails et qu’il faut passer par l’interface Web.

Conclusion

Cette réunion s’est révélée très constructive et intéressante et j’ai bon espoir que les solutions envisagées à son issue portent leurs fruits (reste à savoir de quelle façon et dans quels délais).

Pour vous remercier d’avoir lu jusqu’ici, voici un « scoop » : il est probable que vous puissiez remplir, dès l’année prochaine, votre déclaration d’impôts directement sur le Web ; GeTax continuera néanmoins d’exister sous sa forme actuelle pendant quelques temps.

Mise à jour 28 mars 2009 : J’ai publié des paquets d’installation et les patchs permettant de corriger tous ces problèmes.

GeTax 2008 sous Linux (32 et 64 bits)

Avec la nouvelle année vient le moment où l’administration fiscale sort sa nouvelle version de son logiciel de saisie de déclaration d’impôts GeTax. Comme chaque année et malgré mes nombreux courriers et propositions de correction gratuites, celle-ci souffre des mêmes défauts que les années précédentes (difficulté d’installation pour des non-informaticiens, bugs en tout genre). Espérons qu’un jour (on peut toujours rêver), toutes ces étapes seront rendues inutiles par l’application des corrections extrêmement simples que devraient apporter les développeurs de ce logiciel à leur produit.

Voici donc comment installer et utiliser votre logiciel préféré (ces explications sont également valables pour les versions des autres cantons, comme VaudTax, il faut juste remplacer les chemins de façon adéquate).

Pour gagner du temps et éviter des captures d’écran fastidieuses, les commandes suivantes sont à copier coller dans un terminal (applications/accessoires/terminal si vous utilisez GNOME) :

Premièrement, nous allons télécharger la version actuelle de GeTax 2008 :

wget http://etat.geneve.ch/getax/telechargement/2008/getax2008_v100_linux.bin

Ensuite, nous allons procéder à son installation (laissez les choix par défaut et choisissez « ne pas créer de lien » sur la page « Sélectionnez un dossier pour les liens » :

chmod +x getax2008_v100_linux.bin && ./getax2008_v100_linux.bin

Une fois l’installation terminée supprimez le fichier téléchargé :

rm getax2008_v100_linux.bin

Lancez maintenant GeTax 2008 (cliquez sur « Ok » pour les éventuels messages d’erreurs) :

./GeTaxPP2008/GeTax_PP_2008

Maintenant, allez dans outils/chemin d’Acrobat Reader. Si vous ne voyez pas en haut de la fenêtre un champ appelé « Emplacement », appuyez sur Ctrl+L pour le faire apparaître et saisissez le chemin vers votre lecteur de PDF préféré (l’exemple ci-dessous est pour Evince livré avec GNOME, mais vous pouvez remplacer « evince » par « kpdf » ou « acroread » si vous utilisez respectivement KDE ou Acrobat reader) :

/usr/bin/evince

Fermez maintenant GeTax et retournez à votre terminal. Nous allons créer un raccourci (sur le bureau) pour lancer GeTax facilement (le programme d’installation n’étant pas capable de le faire…). Commencez par ouvrir un nouveau fichier avec votre éditeur préféré en tapant la commande suivante (les utilisateurs de KDE remplaceront « gedit » par « kate ») :

gedit ~/Bureau/GeTax2008.desktop

Dans le fichier (vide) qui apparaît, copiez/collez le contenu suivant (en remplaçant « jernst » sur la dernière ligne par votre nom d’utilisateur ; il apparaît avant le symbole « @ » dans les lignes du terminal) :

[Desktop Entry]
Encoding=UTF-8
Version=1.0
Type=Application
Terminal=false
Exec=./GeTaxPP2008/GeTax_PP_2008
Name[fr_CH]=GeTax PP 2008
Comment[fr_CH]=Permet la saisie informatique de votre déclaration d'impôts 2008
Name=GeTax PP 2008
Comment=Permet la saisie informatique de votre déclaration d'impôts 2008
Icon=/home/jernst/GeTaxPP2008/config/cd/icons/site.gif

Fermez et enregistrez le fichier texte ainsi créé. Les utilisateurs de distributions 32 bits ont maintenant un GeTax 2008 pleinement fonctionnel avec un raccourci sur le bureau. Ceux qui utilisent une distribution 64 bits et qui ont eu lors du lancement de GeTax un message d’erreur concernant l’aide en ligne doivent continuer à lire.

Toujours dans le terminal, copiez-collez les commandes suivantes (une par ligne, suivi de la touche entrée) :

cd GeTax2008
wget http://releases.mozilla.org/pub/mozilla.org/xulrunner/releases/1.8.0.4/linux-i686/en-US/xulrunner-1.8.0.4.en-US.linux-i686.tar.gz
tar xzf xulrunner-1.8.0.4.en-US.linux-i686.tar.gz && rm xulrunner-1.8.0.4.en-US.linux-i686.tar.gz

La dernière étape consiste à corriger le script de lancement de GeTax 2008 (les utilisateurs de KDE remplaceront « gedit » par « kate ») :

gedit ~/GeTaxPP2008/GeTax_PP_2008

Dans le fichier qui s’ouvre alors, ajoutez en-dessous de la première ligne, les deux lignes suivantes :

export MOZILLA_FIVE_HOME=$HOME/GeTax2008/xulrunner
export LD_LIBRARY_PATH=$MOZILLA_FIVE_HOME:$LD_LIBRARY_PATH

Fermez et enregistrez le fichier, vous bénéficierez alors également en principe d’un GeTax pleinement fonctionnel. Merci à Alexandre pour son astuce pour l’aide en ligne sur les distributions 64 bits.

Voilà, en cas de difficultés, n’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires de cet article.

Mise à jour 18 février 2009 : J’ai rendez-vous la semaine prochaine à l’hôtel des finances avec deux personnes (dont le responsable du projet pour le canton de Genève) afin de discuter de vive voix de ces problèmes.

Mise à jour 28 mars 2009 : J’ai publié des paquets d’installation et les patchs permettant de corriger tous ces problèmes.

Archiver ses lettres et factures dans une boîte e-mail

Ayant fait récemment l’acquisition d’une imprimante tout-en-un, disposant d’un scanner à chargement automatique de documents, je me suis décidé à arrêter d’archiver les courriers et factures que je reçois encore par la poste 🙁 dans des classeurs.

Au lieu d’utiliser un système de GED complet et fastidieux à mettre en place pour une utilisation personnelle, je me suis dit que je pourrai simplement utiliser mon client mail pour classer et rechercher ces documents (un autre avantage est que je peux ainsi fusionner les factures que je reçois par e-mail avec les factures papier).

Je me suis donc concocté un petit script qui permet de scanner un document d’une ou plusieurs pages, recto ou recto-verso, d’en faire un fichier PDF qui sera attaché à un e-mail et, finalement, de mettre dans le corps du message, le texte reconnu par un logiciel de reconnaissance optique de caractères (OCR) ; ceci afin de faciliter la recherche et l’indexation.

Vous le trouverez ci-dessous dans sa première version ; n’hésitez pas à m’envoyer vos commentaires et améliorations.

scan2mail

Mise à jour 12 septembre 2009 : Une nouvelle version vient d’être publiée, rendez-vous sur cet article pour la liste des modifications.

Un week-end bien chargé

Comme il n’y avait pas grand chose à faire ce week-end, j’ai commencé par réinstaller mon laptop afin de stocker mes données et mon swap sur une partition cryptée, ce qui m’évitera de mauvaises surprises en cas de vol ou pour décourager les curieux.

Ensuite j’ai installé Ubuntu Intrepid Ibex sur ma PS3, avec cette version, tout fonctionne bien sans efforts. Il suffit de suivre les instructions du site psubuntu.

J’ai ensuite installé Ubuntu sur mon central VoIP centraltelephonique.ch afin de pouvoir y ajouter les logiciels nécessaires au fonctionnement du nouveau tux droid que j’ai reçu (espérons qu’il s’entende avec mon nabaztag tag).

tux droid rejoint nabaztag
tux droid rejoint nabaztag

J’ai fait cette installation sur mon central téléphonique personnel notamment parce que tux droid, contrairement au nabaztag, nécessite l’utilisation permanente d’un dongle USB en forme de poisson (nommé fux) ce qui signifie que son ordinateur doit être allumé en permanence si l’on souhaite que ce robot fasse quelque chose. Une autre difficulté vient du fait que la fonction text-to-speech ne fonctionne pas en 64 bits et que mon PC tourne avec un système d’exploitation 64 bits.

fux connecté à un alix
fux connecté à un alix

J’ai indiqué le détail des instructions pour mettre en place cette solution sur le wiki du site communautaire de tux droid : http://wiki.tuxisalive.com/index.php/Alix.

Ubuntu au DIP : premières impressions mitigées

Comme vous le savez peut-être, il était prévu (article de la Tribune de Genève) que toutes les écoles primaires du canton de Genève passent exclusivement à Ubuntu à la rentrée 2007.

Ma copine étant enseignante, j’ai donc pu voir à quoi ressemblait cette migration qui me tient particulièrement à cœur. Comme vous pouvez le penser, tous les ordinateurs n’ont pas été migrés du jour au lendemain en septembre, mais il semble que la migration consiste à installer Ubuntu sur les nouveaux postes de travail livrés à chaque enseignant du canton. C’est donc à cette occasion, il y a quelques jours que j’ai pu mettre la main sur un de ces nouveaux ordinateurs.

Matériel

En ce qui concerne le matériel, rien à dire ; il s’agit d’une machine basée sur un core2duo avec chipset Intel (bon choix lorsqu’on veut utiliser un système d’exploitation libre) et 4Gio de ram (ils ne lésinent pas sur les moyens, surtout lorsqu’on sait que le système d’exploitation par défaut (surprise, voir plus loin) ne permet pas d’exploiter cette mémoire).

L’ordinateur est accompagné d’un écran large 22 ».

Logiciel

C’est là que les bonnes impressions et les espérances se fanent quelque peu.

En effet, au premier démarrage, oh surprise, le chargeur de démarrage (ntdlr) propose de démarrer sous Windows XP ou sous « Linux ». Bien entendu le choix par défaut est Windows XP.

Cela pose quelques problèmes et questions :

  • Pourquoi ne pas utiliser le chargeur de démarrage d’Ubuntu (GRUB) qui est autrement plus puissant que le chargeur de démarrage de Windows (surtout que cela demande un effort supplémentaire lors de l’installation).
  • Pourquoi installer Windows XP alors qu’il ne devait y avoir qu’Ubuntu Linux sur ces machines (d’après Wikipedia, la Tribune aurait rectifié son article dans son édition du lendemain, déception).
  • Ces machines disposent d’une licence de Windows Vista, le contribuable paie donc deux fois la taxe Windows (rien ne semble en effet indiquer que l’état se fait rembourser la licence de Windows vista collée sur le boitier). De là à dire que l’utilisation de logiciels libres ne fait pas baisser les coûts d’exploitations de l’informatique au DIP, il n’y a qu’un pas.
  • Je me demande aussi pourquoi Edubuntu (qui est spécifiquement fait pour l’enseignement) n’a pas été retenu à la place d’Ubuntu.
  • Finalement, pourquoi ne pas mettre Ubuntu comme choix par défaut, en mettant Windows XP par défaut, je fais le pari que très peu d’enseignants aventureux n’oseront (ne sauront) sélectionner la deuxième entrée du menu de démarrage.

Mais le pire reste à venir. Partons de l’hypothèse qu’un enseignant décide de sélectionner explicitement ce « Linux » en appuyant sur les touches de son clavier assez rapidement au démarrage…

Il arrive sur une fenêtre de connexion assez moche (disons plus moche que la fenêtre de connexion par défaut d’Ubuntu), s’identifie et arrive sur un bureau avec un joli papier peint « Enseignement 2007-2008 ».

On remarque immédiatement quelques détails :

  • L’applet météo est utilisé alors que sa fonction est inclue dans l’applet horloge.
  • Les icônes dans les tableaux de bord sont distribuées un peu n’importe où.

Rien de très grave, vous me direz, et je serai d’accord avec vous si :

  • L’agencement du clavier n’était pas faux (ce qui empêche d’écrire une lettre accentuée, pratique pour des enseignants d’école primaire). Et ce alors que je n’ai jamais eu ce problème avec l’installeur d’Ubuntu (j’ai fait plusieurs centaines d’installation). Pour corriger ce point, il faut aller dans système/préférences/clavier/agencements/cliquer sur + (ajouter)/choisir Suisse (français) puis supprimer le mauvais clavier fr_CH et mettre le nouveau clavier par défaut en cliquant dans le petit cercle à droite de « Suisse Français »
  • Le son ne fonctionne pas (même remarque, cela a toujours fonctionné dans mon expérience, sauf si le pilote de la carte son manque ce qui n’est pas le cas ici). Pour corriger ce point, il faut aller dans système/préférences/son/mettre les trois premières options sur « détection automatique » et la dernière option sur HDA Intel (Alsa mixer) à la place de OSS.

Je me demande comment il est possible que cette installation ait passé même un test de 5 minutes d’utilisation. Je me demande également pourquoi des options par défaut qui fonctionnent très bien ont été remplacées par des options qui rendent le système inutilisable ou désagréable à utiliser. Non, je ne vais pas faire de théorie du complot, mais je n’en pense pas moins. Attendez-vous à entendre plein (enfin ceux qui auront voulu/réussi à sélectionner Linux au démarrage) d’enseignants dire « Linux c’est nul, on ne peut même pas écrire avec des accents ; et le son c’est prévu pour bientôt ? ».

Après ces quelques corrections, je continue mon exploration du système. Les documents sont stockés sur une partition NTFS ce qui est bien dans la mesure où l’on souhaite garder Windows. Là où c’est moins bien c’est que cette partition (appelée « Data ») est montée dans /media et apparaît sur le bureau et qu’ils n’ont pas fait de lien symboliques entre les dossiers Document, Musique, Images, Vidéos et les sous-dossiers de Data. Pour faire les choses proprement, il faudrait monter Data dans /mnt, puis faire des liens symboliques depuis les dossiers pré-cités (par exemple Images -> /mnt/Data/mes images). Imaginez l’utilisateur lambda qui enregistre un document depuis OpenOffice.org sous Linux espérer que ce document sera disponible sous Windows ou inversément, vive la convivialité.

Finalement le fichier de configuration de grub contient plein d’erreurs (j’imagine que ça explique pourquoi ils utilisent ntdlr pour charger les systèmes d’exploitation).

J’ai bien entendu rapporté tous ces problèmes au SEM et au projet GeLibrEdu il y a quelques jours et je vous tiendrai au courant si une réponse devait me parvenir (il y a presque un an, je les ai contacté pour leur faire remarquer qu’ils devraient corriger les occurrences de PC et Mac par Windows et Mac sur la page où ils fournissent un DVD plein de logiciels libres, je n’ai jamais eu de réponse…)

Finalement, pour mitiger les dégâts, en attendant qu’ils corrigent leurs installations, j’aide plusieurs enseignants de l’école de mon amie à faire fonctionner leur ordinateur correctement avec des logiciels libres.

Mise à jour 20 octobre 2008 : M. Jean-Luc Corsini, directeur-adjoint du SEM et responsable du secteur logistique a pris contact avec moi. Il m’indique qu’ils ont plusieurs « configurations » différentes de ces machines et qu’ils ont étudié avec intérêt mon message dont certaines remarques leur semble pertinentes et d’autres non. Il me tiendra certainement au courant de la suite donnée à mon message.

Mise à jour 18 février 2009 : J’ai rendez-vous la semaine prochaine avec la direction du SEM afin de discuter de vive voix de ces problèmes.